Atlas Social d'Angers

Le dessous des cartes de la douceur angevine

Atlas social d’Angers : Le dessous des cartes de la douceur angevine

par Hervé Davodeau, Sigrid Giffon et Lionel Guillemot

introduction publiée le 01 septembre 2022

Pourquoi un atlas ? Retour sur l’historique des atlas sur le territoire

1Un atlas est un recueil de cartes aidant à la compréhension d’une zone géographique. Le territoire angevin a déjà bénéficié de plusieurs atlas (cf. Biblio) dont les objectifs étaient à la fois descriptifs, c’est-à-dire « présenter cartographiquement les multiples facettes du territoire départemental et le placer dans des espaces plus larges, régionales, nationaux et européens » (Atlas de l’Anjou, 1997), mais aussi par la suite explicatifs, en intégrant des dynamiques territoriales (Atlas Maine-et-Loire, 2005), ou en optant pour une lecture plus thématique (Atlas des paysages de Maine-et-Loire, 2003 ; La flore de Maine-et-Loire, 2015). Le nom a changé : on passe de « l’Anjou » vers le « Maine-et-Loire », mais les territoires étudiés étaient les mêmes : le département « 49 ». Ces atlas, notamment celui de 2005, avaient des objectifs clairement d’aménagement du territoire et d’outil d’aide à la décision pour les acteurs publics et privés. Aujourd’hui, dans les années 2020, la nécessité d’entreprendre un nouvel atlas se fait ressentir sur le territoire angevin, abordant de nouveaux sujets sociétaux mais aussi sous une forme différente rendue possible grâce au numérique.

2Cette démarche répond également à un souhait qui a émergé dans le laboratoire des géographes universitaires angevins, en relation avec leurs collègues nantais, caennais et manceaux qui ont déjà créé leurs atlas sociaux fin 2019 et début 2020. Les atlas sociaux de l’UMR ESO (Unité Mixte de Recherche Espaces et SOciétés, UMR CNRS 6590) sont donc nés. Leur objectif est d’être « accessibles au plus grand nombre, et pas seulement à un public académique ; chaque planche propose des pistes de lectures pour aller plus loin. (Nantes) ». En revanche, ces atlas ne sont « ni des atlas d’aménagement du territoire ni des atlas des minorités » ou des marginalités (Caen). L’atlas de Nantes souhaite interroger la dimension spatiale des inégalités sociales dans les mondes urbains et aller au-delà de la ville attractive tandis que Caen cherche à savoir en quoi Caen est, ou n’est pas, une métropole ?

Regards critiques sur la douceur angevine

3Pour Angers et son bassin de vie, tous les voyants semblent être au vert : depuis plusieurs années, la ville est régulièrement positionnée sur le podium si ce n’est même en tête des « villes vertes », « où il fait bon vivre », « les plus relaxantes », « classée première des grandes villes françaises où il fait bon étudier », etc. Dans ces classements, qui sont à la fois un vecteur et un révélateur de la compétition entre cités et du marketing territorial auquel elles se livrent, Angers est reconnue pour sa « qualité de vie » qui prolonge en l’actualisant la fameuse « douceur angevine » chère à Joachim du Bellay.

Angers, 1ère Ville verte de France en 2020

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Source : Observatoire des villes vertes

Les différents classements d’Angers

  • 1ère Ville verte 2014, 2017, 2020 (Classement de l’Union nationale des entreprises du paysage - observatoire des villes vertes)
  • 1ère Ville où il fait bon vivre 2019 (Palmarès l’Express Magazine)
  • 2ème Ville où il fait bon vivre 2020 (Palmarès l’Express Magazine)
  • 3ème Ville où il fait bon vivre en France 2021 (Classement JDD)
  • 1ère au palmarès 2019 des villes de 20  000 à 40  000 étudiants « où il fait bon étudier » (Palmarès Studyrama)
  • 1ère Ville de France où il fait bon étudier en 2020 (Palmarès le Figaro)
  • 1ère Grande ville française où il fait bon étudier (Palmarès L'Étudiant 2018)
  • 1ère ville française la plus propice à la détente (Classement Emma experts du sommeil 2021)
  • 1ère ville la moins stressante (Classement Le Point 2022)
  • 1ère ville où il fait bon vivre (Palmarès 2022)

Observatoire des villes vertes, Villes et Villages où il fait bon vivre

4En se donnant pour objectif de dévoiler le dessous des cartes de la qualité de vie angevine, l’Atlas social d'Angers a pour ambition de donner un contenu cartographique à cette réalité. Il ne s’agit pas seulement de l’illustrer en cherchant les bons indicateurs qui rendent compte de la qualité de vie, ni à l’inverse de chercher à en prendre le contre-pied systématique pour déconstruire la stratégie de marketing, mais de donner à réfléchir sur ce qui fait ou non la qualité de vie angevine, à travers des angles thématiques susceptibles de renouveler les indicateurs habituels. Cet atlas n’est donc pas un instrument mis en place par la collectivité pour vanter son territoire ou sa politique, mais un outil construit par les chercheurs angevins pour questionner ces classements de façon distanciée et critique. Il est « social » car la qualité de vie est autant voire davantage celle des Angevins et Angevines dans toute leur diversité, que celle du territoire lui-même.

5La qualité de vie dont il est question est prise dans un sens élargi qui ne la réduit pas à de simples indicateurs statistiques. En 1994, l’Organisation Mondiale de la Santé l’appréhende comme « un large champ conceptuel, englobant de manière complexe la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau d’indépendance, ses relations sociales, ses croyances personnelles et sa relation avec les spécificités de son environnement  ». Bien-sûr cette définition cerne la qualité de vie de l’individu et non celle d’une ville, mais il est possible d’extrapoler cette approche à un territoire en ajustant chacun de ces items, pour proposer une lecture spatialisée et renouvelée de la qualité de vie angevine. L’échelle cartographique de l’espace angevin varie selon les angles d’analyse choisis et les données utilisées. L’outil numérique permet facilement d’appréhender Angers et son bassin de vie dans diverses imbrications territoriales, ce qui permet là-encore d’élargir la problématique.

6Le nom choisi à cet atlas social “d’Angers” est donc lié à l’échelle d’analyse : Angers et ses quartiers, de la commune à l’aire urbaine, au département et ses relations avec les territoires proches voire plus éloignés (partenariat, jumelages, mobilités, migrations, etc.). L’échelle varie en fonction des thématiques abordées sans se limiter à un découpage administratif.

Les échelles retenues pour l’atlas social d’Angers

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La démarche et les contributions thématiques

7L’objectif de l’atlas social d’Angers est «d’interroger la dimension spatiale des inégalités et dynamiques sociales » (projet UMR ESO) dans les territoires urbains mais aussi périurbains et ruraux. Ce projet d’atlas social d’Angers s’articule autour de plusieurs thématiques (aménagement, culture et patrimoines, économie, environnement, habitat, mobilités, santé, …). Il fait appel aux universitaires géographes mais aussi à d’autres disciplines (sociologie, histoire …) et est ouvert à des contributions émanant d’organismes et institutions “externes” de données et de cartes chaque fois que la thématique choisie l’imposera.

8Les auteurs s’appuient le plus possible sur des données libres et gratuites, sur le principe de l’opendata. Les principales sources de données géographiques se trouvent dans les services publics, en lien avec la directive européenne INSPIRE. Il s’agit de données nationales de l'IGN L’Institut national de l’information géographique et forestière, d’Agreste, Service de la statistique et de la prospective du Ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt ou de l'INSEE L'Institut national de la statistique et des études économiques, mais aussi de données publiques locales, du département et de l’agglomération. D’autres données proviennent d’associations ou d’enquêtes académiques des chercheurs et/ou étudiants.

Comment contribuer ?

9Pensé comme un projet interdisciplinaire ouvert, il est possible de proposer spontanément des contributions à l’atlas social, en prenant contact pour cela avec l’équipe éditoriale. Toutes les propositions doivent comprendre un chapeau introductif de 500 signes, un texte de 5000 signes (espaces compris), une carte ou un croquis, ainsi qu’un matériel d’accompagnement permettant de décrire la géographie sociale de la ville. L’équipe éditoriale examinera ces propositions en cohérence avec la problématique générale et en complémentarité avec les autres contributions. Elle informera les auteurs de leur acceptation ou non, voire proposera certaines modifications avant acceptation.

10Les contributions devront comporter 2 ou 3 mots-clés, un index géographique, une image ou carte d’accroche et si besoin des termes définis au sein d’un glossaire. Le travail cartographique peut relever du contributeur de la planche mais nécessitera des échanges avec la cartographe Sigrid Giffon.

11Projet écrit en janvier 2022 par Hervé Davodeau, Christian Pihet, Hélène Pébarthe-Désiré, Lionel Guillemot, Emmanuel Bioteau, Véronique Mondou, Sébastien Caillault, Sigrid Giffon.

12Equipe éditoriale : Hervé Davodeau, Hélène Désiré-Pébarthe, Sigrid Giffon, Lionel Guillemot Contact : atlas.social.angers@univ-angers.fr

Bibliographie

Atlas de l’Anjou, 1997, 208 p., Le Polygraphe

Angers, XXe siècle, 2000, Dirigé par Jacques Maillard, 217 p., Éditeur : Ville d'Angers

Atlas des paysages de Maine-et-Loire, 2003, 205 p., Le Polygraphe

Atlas Maine-et-Loire - Dynamiques et perspectives, 2005, 109 p., Comité d’expansion économique de Maine-et-Loire-Université d’Angers

Encyclopédie de l’Anjou, Maine-et-Loire, 2010, 319 p., Edition Bonneton

L’Atlas de la flore de Maine-et-Loire, 2015, 608 p., Naturalia Publications

Atlas social de la métropole nantaise

Atlas social de Caen

Atlas social du Mans