Résumé : fr
« La guerre des sexes se joue aussi sur les plaques de rues », titrait le journal Ouest France du 6 août 2019 lorsque la rue Claveau avait pris le nom de Rue Jeanne Moreau. Parmi les 1606 voies et rues de la ville d'Angers, un peu plus d’une centaine portent le nom d'une femme. Ainsi, les dénominations des rues témoignent des inégalités persistantes entre les sexes, mais elles dissimulent également d'autres formes de discriminations, liées notamment à la race et à la classe sociale. Les enjeux généraux de la toponymie restent-ils des impensés dans la politique de la ville ? Comment les noms féminins des rues d’Angers prennent place dans la géographie de la ville ? Pour y répondre, nous proposons deux planches complémentaires. La première met en évidence la faible présence des noms de femmes dans l’espace angevin, malgré des évolutions récentes, et souligne leur répartition inégale au sein de la ville. La seconde analyse les logiques qui président au choix de ces dénominations féminines et montre comment certaines mises en visibilité tendent à invisibiliser d’autres catégories de femmes, notamment les femmes racisées, issues des classes populaires ou encore les femmes LGBTQI.
Chadia Arab, 2026 : « Les noms de rues à Angers (1/3) », in H. Davodeau, L. Guillemot & S. Giffon, Atlas Social d'Angers [En ligne], eISSN : 2968-0255, mis à jour le : 09/04/2026, URL : https://atlas-social-angers.fr:443/index.php?id=1342, DOI : https://doi.org/10.48649/asda.1342.